Leadership et JO – effort / récupération

Les Jeux Olympiques nous montrent une chose essentielle sur la performance.
Pourtant, dès le retour au bureau, nous continuons à faire comme si elle ne nous concernait pas.

Des Jeux Olympiques de Paris 2024 aux derniers Jeux d’hiver, une évidence m’est apparue.

Aucun champion arrivé en finale n’avait ignoré ses cycles de repos.
Aucun staff n’avait laissé son athlète s’épuiser au nom de la performance.

Et pourtant, en entreprise, on continue de le faire.

Je le vois dans mon travail avec des dirigeants et des équipes.
Des gens brillants, engagés, qui tiennent, mais sous tension permanente.

Et à un moment, l’équilibre ne tient plus.

Le sport de haut niveau l’a intégré depuis longtemps.
La performance repose sur une alternance rigoureuse entre effort et récupération.

Quand cette alternance se rompt, la lucidité diminue.
La stabilité émotionnelle se fragilise.
La qualité des décisions s’effondre.

Récupérer, ce n’est pas « moins performer ».
Ce n’est pas une faiblesse.
Ce n’est pas du temps perdu.

C’est préserver sa capacité d’impact…
et la responsabilité qui va avec.

En entreprise, on a souvent l’impression d’être en finale tous les jours.
Les réunions s’enchaînent.
La surcharge informationnelle est permanente.
Le multitâche est devenu la norme.
Et la vitesse, une valeur.

Or ce que le sport nous montre, c’est que les pics de performance se préparent.
Ils ne s’improvisent pas.
Et ils se suivent toujours d’une récupération planifiée.

C’est ce changement de regard que j’accompagne souvent avec des dirigeants.

Créer de vraies pauses, pas juste « une pause café entre deux calls »…
Bloquer des temps de déconnexion réelle dans l’agenda…
Prendre de vrais jours de congés pour récupérer après les périodes d’intensité…

Un dirigeant qui récupère mieux prend de meilleures décisions.
Il reste plus stable émotionnellement.
Il dure.

Et « durer » en leadership n’est pas une petite ambition.

Alors peut-être que la vraie question n’est pas « est-ce que j’ai le temps de récupérer ? »
C’est : est-ce que je peux vraiment me permettre de ne pas le faire ?