“Je suis rouge. Je suis comme ça.”
À chaque feedback, la même phrase… jusqu’à ce que la DRH m’appelle.
Rouge, vert, bleu, jaune.
Ces outils de personnalité, je les connais bien.
Ils mettent des mots sur nos préférences et nos modes de fonctionnement.
Ils aident à comprendre nos angles morts.
Ils peuvent créer de vraies prises de conscience.
Mais ils ne sont pas faits pour justifier des comportements irrespectueux.
Là, quelque chose a glissé.
Ce qui devait être un miroir est devenu un alibi.
Ce qui devait ouvrir une réflexion est devenu un argument de clôture.
Ce qui devait générer une responsabilité est devenu une déresponsabilisation.
A ce moment-là, on ne parle plus de personnalité.
On parle d’impact.
C’est vrai pour tous les profils.
Mais chez les “rouges”, il est souvent plus frontal — et plus difficile à recevoir.
« Je suis rouge » ne signifie pas « je n’ai pas à changer.«
Ça signifie « voilà comment je fonctionne.«
Moi aussi, “je suis rouge”.Je connais l’impatience, le goût de l’action, le besoin d’aller vite et de décider.Et j’ai appris que, sans conscience, ces traits peuvent devenir abrupts, voire écrasants.
C’est l’impact que je peux produire et ce que je choisis d’en faire.
On se cache souvent derrière le mot « authenticité » dans ces situations.
« Je dis les choses comme je les pense. C’est qui je suis.«
Mais l’authenticité, ce n’est pas dire tout ce qui traverse.
Ni ignorer l’effet qu’on a sur les autres.
C’est assumer pleinement son impact.
Se cacher derrière un profil pour justifier des comportements difficiles, ça n’a rien à voir avec l’authenticité.
C’est refuser une responsabilité de leader.
Quand “je suis rouge” devient une justification :
ce n’est pas de la franchise,
c’est de la brutalité.
Ce n’est pas de l’authenticité,
c’est un manque de considération.
Derrière “je suis rouge”, quelqu’un encaisse et se tait.
Et ça, c’est un problème.
Un leader qui dit « je suis comme ça » ferme la porte.
À la relation, au feedback et à sa propre évolution.
Et il fait porter aux autres le coût de ce qu’il refuse de regarder chez lui.
Dans mes accompagnements, ce moment est un point de bascule.
Quand quelqu’un cesse de dire “je suis comme ça”
et commence à se demander “quel impact j’ai… et qu’est-ce que j’en fais ?”
Un outil de personnalité bien utilisé donne autre chose.
Pas « je suis rouge donc je suis direct.«
Mais « je suis rouge, donc je sais que je peux être perçu comme abrupt.
Voilà ce que je vais faire pour rester impactant sans écraser.«
Ce n’est pas renier qui on est.
C’est exercer son leadership avec conscience.
Parce qu’un leader responsable n’oppose pas authenticité et impact.
Il assume les deux.
Il ne se cache pas derrière ce qu’il est.Il travaille avec.
Et vous aujourd’hui, vous êtes plutôt dans “je suis comme ça”…
ou dans un travail lucide sur votre impact ?