J’ai pas la ref

Mes enfants m’ont appris ce que 20 ans en entreprise n’ont pas réussi à normaliser.
Et tout ça grâce à une seule expression.

« J’ai pas la ref. »
C’est une expression que j’entends beaucoup en ce moment.

Quatre mots seulement.
Très simple, mais tellement d’impact.

Juste : je ne comprends pas ce à quoi tu fais référence, et je le dis.

Et moi, je trouve ça absolument puissant.

Parce que dans le monde professionnel, on valorise encore trop le fait d’avoir l’air de comprendre.
Alors qu’en réalité, on ne réagit jamais à la même chose. On réagit à nos propres références, souvent invisibles pour les autres.

On acquiesce, on interprète, on fait semblant d’avoir compris…
Et ça donne quoi ?

Des décisions bancales, des malentendus qui traînent, des faux alignements qu’on découvre trop tard ou des tensions inutiles.

Et surtout (et c’est ça le vrai sujet) on abîme la relation.

Parce qu’une relation de qualité, ce n’est pas deviner ce que l’autre veut dire.
C’est se donner les moyens de vraiment se comprendre.

« J’ai pas la ref« , c’est exactement ça.

C’est tout simplement dire :
Je préfère m’arrêter une seconde plutôt que d’avancer dans la mauvaise direction pendant six mois.

Et quand un leader dit ça, il fait quelque chose de plus grand encore.
Il normalise le fait de ne pas tout saisir du premier coup.
Et surtout, il autorise les autres à le dire aussi.

Le problème, ce n’est jamais de ne pas avoir la ref.
C’est de faire comme si on l’avait.

Faire semblant de comprendre est socialement valorisé. Mais relationnellement, c’est coûteux.

Alors, dans votre équipe, est-ce qu’on s’autorise à dire « j’ai pas la ref » ?
Ou est-ce qu’on préfère faire semblant… et subir les conséquences en silence ?