J’ai observé un comité de direction depuis le fond de la salle.
Et j’ai remarqué qu’à un moment très précis, tout bascule.
Les échanges sont engagés et les sujets sont importants.
Chacun est à sa place.
Et puis… Quelque chose change.
Les prises de parole s’accélèrent.
Les silences disparaissent.
Les regards se fixent.
Sans que ce soit dit explicitement, ce n’est plus la même conversation.
On ne construit plus ensemble : on défend son territoire.
On pense encore travailler ensemble.
Mais ce n’est déjà plus le cas.
On pourrait dire : « il y a un problème de communication.«
Mais ce n’est pas ce que je vois.
Ce que je vois, c’est un collectif en train de passer sous la ligne.
Avec le temps, j’ai appris à reconnaître ce basculement.
On l’appelle “Above the line / Below the line”,un modèle popularisé par le Conscious Leadership Group.
Le principe est simple.
Il y a une ligne.
Et cette ligne, c’est la peur.
Au-dessus de la ligne : la peur est là, mais on garde la maîtrise.
En dessous de la ligne : la peur prend le volant… sans qu’on s’en rende compte.
Le piège, c’est qu’elle ne ressemble jamais à de la peur.
Elle ressemble à :
de la clarté
de la rapidité
du leadership
Quand on passe sous la ligne, le dialogue intérieur s’active en silence.
Peur de ne pas être entendu.
Peur de se tromper.
Peur de perdre son sujet.
Et à partir de là, tout bascule.
Tout le monde continue à travailler.
Mais on ne travaille plus vraiment ensemble.
Ce que cet outil change profondément, c’est la question qu’il pose.
Elle n’est plus « qu’est-ce qu’on décide ? »
Mais « d’où est-ce qu’on agit, là, maintenant ? »
Et cette question, elle est disponible à tout moment.
En réunion.
Face à un désaccord.
Dans une décision difficile.
Dans un mail qu’on est en train d’écrire.
J’ai vu des équipes en faire un langage commun.
Quelqu’un dit simplement : « Je suis en train de passer sous la ligne. »
Et là, quelque chose se réouvre.
Et ça, ça remet de la conscience dans la pièce.
Ça redonne le choix.
Et ça peut tout changer.
Pas les sujets, pas les enjeux, mais la qualité de ce qu’on construit ensemble.
Ce n’est pas une faiblesse de le nommer.
C’est un acte de leadership.
Alors, dans votre dernière réunion un peu tendue, au fond, vous étiez où ?
Au-dessus de la ligne, ou en dessous de la ligne ?