La neutralité du coach

Un coach neutre n’existe pas.
Et ce n’est pas un problème.

Un coach, c’est un être humain.
Il a une histoire, des filtres, des réactions.

Par ses questions, ses silences, ses miroirs…
il oriente.
Toujours.

Alors la neutralité ?
Soit c’est une illusion.
Soit une posture froide, rigide, déconnectée.

Le vrai sujet n’est pas là.

Le problème, ce n’est pas le manque de neutralité.
C’est le manque de conscience de sa non-neutralité.

En séance, je ressens…
de l’agacement,
de l’empathie,
du jugement parfois,
ou l’envie d’aider, de pousser, de sauver.

Tout ça est là.

Je ne les nie pas.
Je ne les déverse pas.
Je m’en sers — ou pas.

Au service du client.

C’est ça, la posture professionnelle.

Parce que les clients ne cherchent pas un coach neutre.
Ils cherchent une présence.
Une énergie.
Une manière de voir.

Ce qu’ils repèrent, en revanche, c’est autre chose :
la projection, l’imposition et le jugement.

C’est un équilibre subtil :
être pleinement là, sans prendre la place.

Et en coaching d’équipe, c’est encore plus visible.

Le coach fait partie du système qu’il accompagne.
Il l’influence.
Il est influencé.
Il n’est jamais vraiment extérieur.
Alors la question n’est pas :“Comment être neutre ?”
Mais :“Qu’est-ce qui m’appartient ?”“Et qu’est-ce qui est au service du client… ou du système?”
Être un coach professionnel, ce n’est pas être neutre.
C’est être conscient.
Lucide.
Responsable.

Ça se travaille.
En supervision.
Encore et encore.

Parce que le problème, ce n’est pas qu’un coach ne soit pas neutre.
C’est quand il pense l’être.