La colère a mauvaise réputation…
Alors que bien apprivoisée, c’est une émotion trop souvent sous-utilisée en leadership.
Quand je dis “je suis en colère”, on entend souvent autre chose.
On entend : “elle va exploser”.
Ou : “elle est agressive”.
Alors que… non.
Il y a deux phrases très différentes :
Je ressens de la colère (émotion).
Je réagis avec colère (comportement).
Et on ne devrait pas juger une émotion.
Ça serait comme juger la météo. C’est là. Point.
Je connais bien cette émotion (c’est même souvent mon émotion “par défaut”).
Quand quelque chose dysfonctionne.
Quand je sens une dissonance.
Quand une valeur est piétinée.
La colère arrive en premier.
Pendant longtemps, on m’a renvoyé que ce n’était “pas bien”.
Comme si une émotion devait passer un test de moralité avant d’avoir le droit d’exister.
Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire :
“Ce n’est pas bien d’être joyeux.” ou : “Ce n’est pas bien d’être triste.”
Alors pourquoi ce procès fait à la colère ?
Parce que le sujet, ce n’est pas la colère.
Le sujet, c’est ce qu’on en fait.
Parce que oui : on a vu des colères qui blessent et on en a peur.
Mais on a vu aussi l’inverse : se taire, s’éteindre… et ruminer pendant des jours.
Dans les deux cas, on perd quelque chose de précieux : le signal.
La solution n’est pas de censurer l’émotion.
La solution, c’est d’apprendre à créer de l’espace entre le signal… et la réponse.
Moi, j’ai appris à faire la paix avec ma colère.
Et depuis, elle est devenue une alliée, un indicateur.
Quand elle se manifeste, je me pose trois questions :
Qu’est-ce qui est dissonant, ici ?
Qu’est-ce que je choisis d’en faire ?
De quoi ai-je besoin, maintenant, pour répondre plutôt que réagir ?
L’enjeu, aujourd’hui, c’est ça : créer un espace entre l’émotion… et l’action.
Je repense à un séminaire de leadership que j’animais où, alors qu’un participant s’exprimait, j’ai senti la colère monter en moi.
Signal intérieur.
Et ma réponse a été l’inverse de ce qu’on imagine : je lui ai donné des marques de reconnaissance.
Parce que derrière ses mots, j’ai senti un besoin.
C’était ça, la réponse utile dans l’instant.
C’est ça que j’ai envie de réhabiliter.
La colère n’est pas une faute.
C’est un indicateur.
Elle ne vous demande pas d’exploser mais ne doit pas non plus être ignorée.
Elle demande votre attention. Elle vous invite à regarder pour choisir une réponse alignée.
Et ça change radicalement votre leadership.